Portrait de Mélanie

Depuis septembre 2013, les admis sur titre admis en 3ème année de l’IG2I (école d’ingénieur en Génie informatique et industriel, département de l’école Centrale de Lille), ainsi que des élèves passant en 3ème année peuvent choisir de poursuivre leurs études d’ingénieur par la voie de l’apprentissage.

Parmi la première promotion d’apprentis ingénieurs, une seule fille, Mélanie BAILLEUL, 20 ans

Nous avons demandé à Mélanie de se présenter et de nous expliquer les raisons de ce choix.

Dans quel lycée as-tu fait tes études ?Melanie etudiante en apprentissage à l'IG2I

Je suis originaire d’Awoingt, un petit village tout près de Cambrai. J’ai été inscrite au lycée Paul Duez de Cambrai ; c’est un lycée général et technologique.

Ce lycée a valorisé l’aspect technologique de l’enseignement : dès la seconde j’ai ainsi été amenée à découvrir les sciences de l’ingénieur et j’ai préparé un bac S SpécIalité Sciences de l’Ingénieur.

Pourquoi cette spécialité ?

Pour dynamiser la filière Sciences de l’Ingénieur, une organisation originale a été mise en place : brassage des  élèves du lycée pour les enseignements du tronc commun et venue d’élèves de lycées plus éloignés pour des enseignements de spécialité comme les sciences de l’ingénieur.

La répartition ne se faisait pas par spécialité et ainsi les filles étaient nombreuses par classe, même s’il n’y avait que 3 filles en spécialité Sciences de l’ingénieur.

En Terminale, c’est le moment-clef de l’Orientation. A quel moment as-tu été certaine de t’orienter vers une voie technologique ?

Je n’étais pas bien certaine de ce que je voulais faire, j’hésitais entre plusieurs voies ; il faut dire que j’entendais parfois des rires quand je disais que je m’intéressais aux métiers de l’électricité. Je ne voulais pas aller en classes préparatoires.

Je me suis informée sur des formations paramédicales,  mais j’ai appris qu’il fallait passer par médecine et cela ne me convenait pas.

Dans un forum d’orientation j’ai rencontré les représentants du département GEII de l’IUT de Valenciennes. Je suis allée à la Journée Portes Ouvertes et j’ai décidé de m’inscrire. Nous étions environ 50 étudiants dont 7 filles. Tout s’est très bien passé.

A vrai dire, lors de mon stage en 2ème année, dans le domaine de l’électrotechnique, j’ai été confrontée à des propos, des  attitudes qu’on peut qualifier de machistes : « tu ne trouveras pas de travail en électrotechnique », « tu es trop petite pour faire telle chose »etc.

Résultat : je souhaitais découvrir la mécanique par exemple, cela n’a pas été possible.

Le domaine de l’électricité en général me passionnait depuis longtemps mais j’ai alors décidé de rebondir en persévérant dans  une voie technologique mais différente, l’informatique et en devenant ingénieur. J’avais toujours pensé qu’une femme pouvait faire les mêmes études, les mêmes métiers qu’un homme.

Quelles sont les raisons qui t’ont amenée à l’IG2I ?

J’ai tout d’abord pensé à une candidature classique d’admission en 1ère année du cycle ingénieur et lors de mes recherches, j’ai découvert la formation d’ingénieur informaticien par l’apprentissage. J’ai déposé ma candidature, passé le concours, et j’ai été retenue.

Je savais qu’à l’IG2I je serais admise d’office en 3ème année classique si je ne trouvais pas d’entreprise. J’avais le choix entre 2 formations et cela a été l’élément décisif de mon choix.

Pour la 2ème étape, l’école nous a aidés  en nous informant sur des entreprises de la Région.

C’est ainsi que j’ai pu signer un contrat d’apprenti avec Atoswordline. Le service où je travaille est dirigée par une femme ingénieure.

A l’école, je suis la seule fille du groupe. Tout se passe très bien.